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Blogs de l'année 2005

juin 2008

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07 juin 2006

Nanoperspectives - Les enjeux géopolitiques, militaires et démocratiques

Demain, jeudi 8 juin, Vivagora boucle son cycle 2006 de débats (à Paris, mais ça continue à Grenoble), et vous donne rendez-vous à la Cité Internationale Universitaire de Paris, à partir de 19 heures. (Salon Appell, Maison internationale de la Cité internationale universitaire, 17 boulevard Jourdan, 75014 Paris, RER B : Cité universitaire).

La puissance nanotechnologique est un enjeu de domination et de monopole militaire. Pour contrer cette tendance, un processus informel de dialogue international « pour le développement de nanotechnologies responsables » est amorcé. Des groupes associatifs comme ETC Group y participent et demandent aux Nations unies de mettre en place une « Convention pour l’évaluation des nouvelles technologies ».

  • Quels sont les nanoprojets militaires et leurs conséquences sur le système de R&D ?
  • Quelles peuvent être les répercussions géopolitiques du développement et de l’appropriation des nanotechnologies par les pays riches ?
  • Quels sont les exemples d’avancées dans la prise en charge collective de ces enjeux ?

Avec Renzo Tomellini, chef de l’unité Nanosciences et nanotechnologies, DG recherche, Commission européenne, Alain de Nève, Analyste de défense, Institut royal supérieur de défense et réseau multidisciplinaire d’études stratégiques, Belgique, Pat Mooney directeur ETC Group, Canada, Françoise Roure, économiste au Conseil général des technologies de l’information, ministère de l’économie et des finances, Tom Wakeford, sociologue et coordinateur de Nanojury, Bioscience Centre, Newcastle, Grande-Bretagne, André Lebeau, ancien président du CNES, auteur de "L’engrenage de la technique - Essai sur une menace planétaire".

Pour voir le programme complet, et le compte rendu des autres débats, cliquez ici !

A noter aussi que dès ce soir, dans le cadre d'un partenariat avec Vivagora, France Inter réalisera son téléphone sonne d'aujourdhui, mercredi 7 juin, sur le thème " Devons-nous avoir peur des nanos ? "

L'émission aura lieu comme d'habitude en direct entre 19h20 et 20h00  et sera dirigée par Denis Astagneau avec Sophie Becherel. Seront présents pour ce plateau : Bernadette Bensaude Vincent,  Louis Laurent et Benoit Hervé-Bazin.

01 juin 2006

Sols majeurs

C'est une des grandes leçons du dernier livre de Jared Diamond, "Effondrement" : L'appauvrissement des sols par une exploitation intensive, leur érosion et leur lessivage pour cause de dégradation du couvert végétal ou à causes de mauvaises pratiques urbanistiques, forestières et agricoles a toujours précédé, et précipité, la chute des civilisations disparues.

Un sol en bonne santé est une ressource indispensable au bien être humain, au même titre que l'eau ou l'air. Il est indispensable à toute activité agricole, et joue un rôle tampon efficace contre les innondations. Sans parler même de sa capacité de stockage du CO2, souvent négligée (Un sol vivant absorbe et stocke durablement du CO2, alors qu'un sol pauvre en micro-organismes aura tendance à "relacher" son stock).

On peut, sans faire appel au romantisme new age, considérer le sol comme une sorte de "super-organisme" vivant, avec lequel nous allons dans le meilleur des cas établir une relation de symbiose, ou dont nous serions, dans le pire des cas, une sorte de parasite irresponsable qui saperait la santé de son hôte, mettant en danger la sienne propre...

Cette évidence là (notre forte dépendance au sol), a souvent été négligée, voire oubliée. Peut-être précisément parce que les civilisations les plus prospères, celles qui ont duré ou durent encore, se sont établies sur des sols solides, d'une extrème densité en matière organique et abritant une vie "cachée" considérable. Les effets de l'appauvrissement progressif de ces sols si remarquables ne se faisant alors ressentir qu'après de longues périodes d'exploitation et de lessivage, mais  toujours douloureusement et brutalement quand un certain seuil de fragilité est atteint.

C'est ainsi qu'avancent les déserts...

La croissance de la population mondiale, la réduction, du fait de l'aménagement urbain et de la progression des déserts, des surfaces disponibles pour l'agriculture ne font qu'accentuer le problème.

A nous d'en prendre d'urgence conscience : Le sol sur lequel nous reponsons est un capital vital, un trésor à préserver.

Quelques pistes, quelques ressources à creuser, sans prétentions d'exhaustivité :

- Une contribution de Gilles Pipien sur ce thème dans le site "Biodiversité 2007".
- Une proposition de la LPO, sur le même site, pour préserver la biodiversité des espaces agricoles.
- Une étude du CIRAD, "Conserver pour mieux durer", sur les pratiques de l'agriculture de conservation,
- Un article à lire dans le numéro du mois de mai du magazine "Nouveau consommateur" : "Soigner et cajoler un sol fertile",
- Pour les jardiniers, la section "jardin" du site de la fondation Nicolas Hulot.

J'attends bien sûr vos compléments et commentaires.

07 avril 2006

Décider aujourd'hui pour vivre demain

Ca y est ! J'ai enfin reçu les actes (1 livre + 1 DVD) de la conférence internationale "Biodiversité, science et gouvernance". J'aime beaucoup le sous-titre (celui de cette note).

J'y reviendrai. En attendant, vous pouvez toujours lire le compte-rendu que j'avais écrit à l'époque, ou, pour les plus pressés, lire ça.

23 février 2006

Il était une fois ... Karl-Henrik Robèrt

Est-il possible qu'une personne puisse provoquer un changement durable à elle seule? Il y a bien eu L'Homme qui plantait des arbres, mais quand il s'agit de modifier la perception qu'ont les humains de leur relation avec la nature et de la façon dont ils se comportent à son égard, le défi est de taille! Pourtant, dans le merveilleux royaume de Suède, un homme de cœur a fait ce pari. Comme dans le récit de Jean Giono, la fascinante histoire de Karl-Henrik Robèrt et de The Natural Step pourrait commencer par...

Il était une fois, un bel oncologue et chercheur suédois qui était bien marié. En effet, son épouse, Rigmor, ne se lassait pas de lui faire partager son engagement envers la nature et son souci de la protéger. Il faut dire qu'il n'était pas très difficile à convaincre puisque, lorsqu'il était enfant, cet amant du plein air avait vu sa belle campagne disparaître sous une couche d'asphalte, ce qui l'avait profondément touché.

Pour lire la suite et découvrir l'histoire remarquable et stimulante de Karl-Henrik Robèrt et The Natural Step, dans un article d'Andrée Mathieu ... :
Télécharger histoire_de_tns__andreemathieu.pdf

Voir aussi : Le site de TNS-France

19 février 2006

Ouverture du site "Science et démocratie"

tPour accompagner une demande citoyenne grandissante de participation aux choix scientifiques et technologiques, l'association Sciences et Démocratie a mis en place et anime un site de débats en ligne qui a pour rôles de contribuer à la diffusion des savoirs et de permettre l'élaboration collective de recommandations à destination des décideurs politiques. S'inspirant à la fois du modèle des conférences de citoyens et des communautés sur le web (wikis, forums, blogs…), la méthode de débat proposée sur ce site par Sciences et Démocratie permet de combiner expertise, pédagogie et participation citoyenne. Elle s'appuie sur un travail d'animation du débat et de structuration des idées. En faisant appel à toutes les formes d'expertise et en donnant une large place aux citoyens, l'association souhaite permettre la constitution de dossiers complets, accessibles à tous et sans parti pris.

Le site de débats www.sciences-et-democratie.net est ouvert à tous. Il s'adresse d'abord aux citoyens que les questions « science société » intéressent, et a vocation à devenir rapidement un outil de dialogue entre citoyens, chercheurs, industriels…

13 janvier 2006

Sciences et Nature

Le magazine des Sciences et de l'Environnement

Juste un post rapide pour vous annoncer l'ouverture d'un nouveau site, "Sciences et Nature - Le magazine des Sciences et de l'Environnement". Site d'information, engagé, Science et Nature vous propose des dossiers, des brèves, une revue de presse, et quantité de ressources sur l'environnement et la biodiversité.

A découvrir sur : http://www.sciencesetnature.org/

12 décembre 2005

Science, Innovation et Gouvernance

En transition directe avec la citation de George Orwell dans la note qui précède, la question de la gouvernance de la science et de l'innovation technologique est presque un fil rouge sur ce blog, en tout cas un thème qui y revient très régulièrement.

Qu'il s'agisse de biotechnologies, et notamment d'OGM, de nanotechnologies, de la question énergétique, de la préservation de la biodiversité, des pollutions chimiques ou encore du réchauffement climatique, la science a désormais, selon l'expression de Klaus Amman, "perdu son innocence" (il parlait alors de la biologie).

L'interaction entre les questions sociétales, politiques, environnementales et l'innovation technologique est telle que les scientifiques doivent de plus en plus "sortir du bois" ou en tout cas de leurs labos et ouvrir le dialogue avec le public, ce qui est pour certains naturels, et pour d'autres très difficiles (ils ne sont pas forcément formés à cet exercice).

Les délais entre la recherche fondamentale et les applications technologiques sont de plus en plus courts. Faut-il s'en inquiéter ? Faut-il au contraire se réjouir de voir le "champ des possible" s'élargir, face à l'urgence du développement durable et au défi de 2050, ou nous devrons alors nourrir, soigner et assurer des conditions de vie dignes à 9 milliards d'habitants ?

Autant dire que le dialogue Science / Société est plus que jamais nécessaire, et que toutes les initiatives dans ce cadre sont bonnes à prendre. Sans oublier un préalable : Une vraie culture scientifique au sein de la population.

C'est dans ce contexte qu'une initiative comme celle de "BioPop", ou de jeunes scientifiques se proposent d'aller à la rencontre de la population européenne est bienvenue.

Pour en savoir plus : Téléchargez le communiqué : Biopop_cp_05122005.pdf

Quelques notes récentes sur le même thème :

Nanomondes : Quels choix technologiques pour quelle société ?
Concertez vous !
Quels défis pour l'éthique dans notre société technologique ?
Lancement de la fondation Vivagora pour le dialogue Science et Société
Principe de précaution, principe d'action ?
Science et démocratie

10 décembre 2005

Dialogues en humanité

« Si quelqu’un commençait par se demander qu’est-ce que l’’homme ? Quels sont ses besoins ? Quelle est pour lui la meilleure façon de se réaliser ? (.…) S’il reconnaissant cela, il pourrait utiliser les produits de la science et de l’industrie en fondant toujours ses choix sur ce même critère : est-ce que cela me rend plus humain ou moins humain ? «
Georges Orwell, Tribune, 11 janvier 1946

Cette brillante citation est en exergue du programme des "Dialogues en Humanité", qui reprennent ce samedi 10 décembre à Lyon.

Même si vous ne pouvez y aller, prenez connaissance du programme :

Téléchargez : Prog_DH_051210_V3.pdf

Et ça vaut vraiment la peine de jeter de temps en temps un coup d'oeil sur leur site Wiki, pour suivre l'avancement des travaux :

http://www.dialoguesenhumanite.org

09 décembre 2005

Regards d'anthropologues sur l'écologie

Noras_bookOui, c’est du copinage, et alors ?

J’ai connu Nora en 1987, j’ai l’impression que c’était hier. J’ai bien vieilli depuis, elle n'a pas changé. Ce qui ne l'a pas empêché de faire un sacré bout de chemin. Nous ne nous sommes revu depuis que deux ou trois fois, mais nous n'avons jamais cessé de nous écrire, d’abord avec de vraies lettres (vous savez, sur du papier), puis par email. Il y a quelques années, elle m’a fait faire la connaissance de Richard Wilk, Anthropologue comme elle, qui a été son professeur à l'Université de l'Indiana.

Ils viennent de publier ensemble "The Environment in Anthropology", une analyse de l’environnement et de l’écologie du point de vue de l'anthropologue. Ce livre pose des fondations intellectuelles solides sur le sujet, tout en proposant des outils concrets d'analyse des problèmes.

Ensemble, ils analysent les questions les plus actuelles sur l’environnement : Quels sont les impacts environnementaux de l’urbanisation ? Comment les environnementalistes voient-ils les populations autochtones ? Comment analyser l’impact global d’entreprises « écologiquement correctes » comme « The Body Shop » ? Ils détaillent aussi les sujets fondamentaux que sont la croissance de la population, le développement, la biodiversité, la gestion durable des ressources naturelles, les cultures et les savoirs faire locaux, et la consommation dans une économie mondialisée. L’attention des lecteurs est notamment attirée sur les interactions étroites entre environnement, politique et économie, telles qu’un anthropologue peut aujourd‘hui les analyser. Les essais introductifs à ce livre replacent les différentes contributions dans leur contextes historiques, croisant les approches académiques, polémiques et une réflexion éthique, le tout dans un esprit de vulgarisation destiné à rendre l’ouvrage accessible au plus grand nombre.

En recherchant un équilibre entre les nouvelles approches scientifiques et pédagogiques, la théorie et la pratique, et en proposant de nombreuses ressources complémentaires, "The Environment in Anthropology" propose une introduction idéale à un nouveau champ d’investigation.

Parmi les contributeurs, on note : Julian Steward, Robert Netting, Virginia Nazarea, Vandana Shiva, Arturo Escobar, Susan Stonich, Billie Dewalt, Akhil Gupta, Bonnie McCay, David Maybury-Lewis, Caren Kaplan, Conrad Kottak, Kay Milton, J. Peter Brosius.

La présentation de ce livre sur ce blog est aussi pour moi l'occasion de rendre une fois de plus hommage à "l'autre Amérique", celle du foisonnement intellectuel et de la recherche d'alternative, celle dont nous avons tant besoin et que nous devons impérativement soutenir.

Je souhaite bien du succès à cet ouvrage, en attendant une édition en français.

Voir la notice du livre chez l'éditeur

08 novembre 2005

Penser le temps long ....

Nous sommes en équilibre sur un fil tendu entre un passé profond, qui nous est encore largement inconnu, même s'il nous dévoile petit à petit ses secrets, et un avenir incertain.

Le présent n'existe pas. Fugace, il nous échappe à l'instant où nous croyons le saisir. Mais que cela ne vous empêche pas d'en profiter, d'accumuler tous ces souvenirs qui font une vie bien remplie, et de préparer l'avenir. Le votre, celui de vos enfants, et celui des enfants à venir.

Je confesse un certain goût  pour les fossiles et les vieilles pierres. Quand je vais chez quelqu'un, je jette toujours un oeil à la bibliothèque, parce que j'aime les livres, et que ça m'intéresse de savoir ce que mes amis lisent, et aussi pour leur "piquer" quelques idées de livres à lire ou à acheter. Et vous avez remarqué ? C'est souvent dans la bibliothèque que les gens placent les quelques cailloux ou fossiles ramassés au hasard des balades. Comme si, inconsciemment ou consciemment, les deux objets étaient associés. Les cailloux et les fossiles nous racontent aussi des histoires,  à leur façon. Celles des mondes disparus, enfouis dans les profondeurs du temps.

Le nôtre, un jour, les y rejoindra. Mais c'est une autre histoire, et nous avons une vie à vivre et un avenir à penser avant cela.

Cet intérêt pour la géologie et la paléontologie, bien éloigné à priori de mes préoccupations professionnelles, m'ont parfois fait taxer de "passéisme",  et m'ont même été reproché lors d'un entretien avec un consultant en recrutement. Mais c'est ma manière de voyager à moi. J'accumule les voyages dans le temps, les millions d'années parcourus mentalement, comme d'autres les "miles" des compagnies aériennes.

Un certain discours voudrait que nous soyons des êtres "jouissants sans entraves", et surtout sans souci du lendemain. (Consommez, consommez, ...) Je prétends au contraire que cette conscience du temps profond doit nous aider à mieux nous connaître et à prendre conscience de notre position dans l'histoire du vivant, et de nos responsabilités en son sein et face aux générations futures.

Un peu comme Carl Sagan ou Hubert Reeves, en nous faisant rêver aux galaxies et aux astres lointains, nous ont fait prendre conscience de la finitude de notre monde, et de l'importance qu'il y avait à prendre soin de notre petit vaisseau spatial perdu dans l'univers, la Terre.

 

Note : Cette conscience du temps profond n'est pas si ancienne. Certaines cultures, comme celle des aborigènes, l'intègrent bien dans leur vision du monde, dans ce qu'ils désignent joliment par "le temps du rêve". Pour nos cultures occidentales, le monde a pour la plupart des hommes jusqu'au début du XIXème siècle été créé il y à 7000 ans, à peu près tel qu'il est aujourd'hui. Il a fallu le génie des grands géologues et biologistes que j'évoquais récemment pour commencer à changer notre perception du temps, et ramener l'histoire de l'humanité à ses justes proportions. Thomas Henry Huxley, encore lui, a disserté "sur un morceau de craie". Ce texte destiné au grand public, à ma connaissance non traduit en français (je le ferais un jour pour vous), constitue encore aujourd'hui l'un des meilleurs textes de vulgarisation disponibles sur le sujet*. Thomas Henry Huxley, qu'il lui soit ici encore rendu hommage, appartient à ce que l'Angleterre nous a donné de meilleur,  avec William Shakespeare, Joe Strummer, Alfred Hitchcock,Thomas More ou Wallace et Gromit.

* A ceux qui voudraient approfondir cette question, je recommande vivement la lecteur de l'essai très complet et vraiment surprenant de Stephen Jay Gould : "Aux racines du temps".

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