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01 juin 2006

Sols majeurs

C'est une des grandes leçons du dernier livre de Jared Diamond, "Effondrement" : L'appauvrissement des sols par une exploitation intensive, leur érosion et leur lessivage pour cause de dégradation du couvert végétal ou à causes de mauvaises pratiques urbanistiques, forestières et agricoles a toujours précédé, et précipité, la chute des civilisations disparues.

Un sol en bonne santé est une ressource indispensable au bien être humain, au même titre que l'eau ou l'air. Il est indispensable à toute activité agricole, et joue un rôle tampon efficace contre les innondations. Sans parler même de sa capacité de stockage du CO2, souvent négligée (Un sol vivant absorbe et stocke durablement du CO2, alors qu'un sol pauvre en micro-organismes aura tendance à "relacher" son stock).

On peut, sans faire appel au romantisme new age, considérer le sol comme une sorte de "super-organisme" vivant, avec lequel nous allons dans le meilleur des cas établir une relation de symbiose, ou dont nous serions, dans le pire des cas, une sorte de parasite irresponsable qui saperait la santé de son hôte, mettant en danger la sienne propre...

Cette évidence là (notre forte dépendance au sol), a souvent été négligée, voire oubliée. Peut-être précisément parce que les civilisations les plus prospères, celles qui ont duré ou durent encore, se sont établies sur des sols solides, d'une extrème densité en matière organique et abritant une vie "cachée" considérable. Les effets de l'appauvrissement progressif de ces sols si remarquables ne se faisant alors ressentir qu'après de longues périodes d'exploitation et de lessivage, mais  toujours douloureusement et brutalement quand un certain seuil de fragilité est atteint.

C'est ainsi qu'avancent les déserts...

La croissance de la population mondiale, la réduction, du fait de l'aménagement urbain et de la progression des déserts, des surfaces disponibles pour l'agriculture ne font qu'accentuer le problème.

A nous d'en prendre d'urgence conscience : Le sol sur lequel nous reponsons est un capital vital, un trésor à préserver.

Quelques pistes, quelques ressources à creuser, sans prétentions d'exhaustivité :

- Une contribution de Gilles Pipien sur ce thème dans le site "Biodiversité 2007".
- Une proposition de la LPO, sur le même site, pour préserver la biodiversité des espaces agricoles.
- Une étude du CIRAD, "Conserver pour mieux durer", sur les pratiques de l'agriculture de conservation,
- Un article à lire dans le numéro du mois de mai du magazine "Nouveau consommateur" : "Soigner et cajoler un sol fertile",
- Pour les jardiniers, la section "jardin" du site de la fondation Nicolas Hulot.

J'attends bien sûr vos compléments et commentaires.

22 mai 2006

Placer la biodiversité au coeur des débats

Aujourd'hui, à l'occasion de la journée mondiale de la biodiversité, Hubert Reeves et la Ligue ROC lancent le site : Biodiversité 2007.

Ce site est, comme le dit Hubert Reeves dans son éditorial d’accueil, un "outil politique, au service de la démocratie participative pour enrichir la démocratie représentative".

Parce que nous sommes tous concernés, parce qu’au moment de choisir nos représentants et un nouveau président en 2007 nous devrons connaître les propositions des candidats, parce qu’il est important de faire aujourd’hui des propositions pour ne pas rester passifs face à la crise, Biodiversité 2007 est un site à découvrir et à faire connaître.

Travail collectif réunissant de nombreuses associations, comme la Ligue ROC, le comité français pour l'UICN, France Nature Environnement, la LPO, Semences Paysannes, et d'autres à venir, ainsi que des citoyens de tous horizons, ce site a vocation à s'enrichir des contributions de ses partenaires, dans un esprit d'ouverture.

Sa réalisation a mobilisé des scientifiques, comme Hubert Reeves, Bernard Chevassus-au-Louis, Robert Barbault ou Jacques Weber, des responsables d'associations, des experts techniques (fiscalistes, gestionnaires d'espaces naturels, etc.), des juristes, afin de replacer sur des bases neuves la question de la biodiversité, et faire des propositions concrètes à tous les niveaux.

Le site s'enrichira de ces propositions au fur et à mesure de leur élaboration, mais aussi de ressources scientifiques précises, et enfin de l'actualité politique, notamment des discours et propositions des candidats et partis sur le sujet de la biodiversité et de la gestion du patrimoine naturel.

Un site à découvrir ici. (http://www.biodiversite2007.org)

14 mai 2006

Personne ne vous croira !

« La France a la chance de posséder là un des territoires les plus riches en biodiversité de la planète. Ce pays prolongeant l'Amazonie, possède une des cinq forêts vierges restantes dans le monde.(…). La Guyane pourrait devenir cette double fenêtre où les efforts technologiques pour explorer l’univers et les efforts écologiques pour sauver la planète se manifesteraient ensemble au reste du monde ». 
Hubert Reeves

La montagne de Kaw, située à environ 20km du littoral Guyanais et à 45km de Cayenne au sud des marais de Kaw est entièrement recouverte de forêt primaire et culmine à 333m. Ce site remarquable (ZNIEFF 1) fait l’objet de plusieurs mesures de conservation (Réserve Naturelle des Marais de Kaw-Roura, Site Ramsar, Réserve Naturelle Volontaire de Trésor ...) qui sont incluses au sein du Parc Naturel Régional de Guyane. La forêt de Kaw présente une biodiversité végétale et animale particulièrement importante pour la Guyane. Sa richesse écologique, la diversité des paysages, une faible anthropisation et sa proximité avec Cayenne en ont fait un site prisé par les touristes à la recherche d’espaces vierges et de tranquillité.

Et pourtant ...

C'est maintenant que personne ne vous croira : Ce site exceptionnel va être détruit, pour le seul profit d'une multinationale minière (CBJ Caïman SAS - Cambior), pour une exploitation éphémère d'Or primaire. Et comme si cela ne suffisait pas, la firme multinationale pose comme conditions préalable à son implantation : l’exonération de l’octroi de mer, de l’impôt sur les sociétés, de la taxe foncière, de la taxe sur le carburant, la réalisation de 55 km de ligne haute tension, et une subvention de 28 millions d’€uros (loi Girardin).

Quand je vous disais qu'on ne vous croira pas !

Pour en savoir plus, et participer à la mobilisation contre ce projet, vous pouvez :

- Visiter le site : http://collectifor.ouvaton.org
- Télécharger le diaporama : CambiorGuyaneFrancaise.pps

P.S. : Dans son livre "Effondrement", dont je parle dans la note précedente, Jared Diamond consacre un large chapitre au Montana, qui a eu, et a encore, fort à faire avec l'industrie minière et ses méthodes parfois douteuses. Sans généraliser, car les pratiques évoluent et certaines sociétés, heureusement, ont fait des progrès considérables, il en reste d'autres qui se comportent comme des voyous. Petite annecdote triviale, sur la face interne de la porte des toilettes, de nombreux habitants du Montana ont placé une petite affiche qui dit : "Faites comme l'industrie minière, ne tirez pas la chasse en quittant ces lieux, laissez quelqu'un d'autre le faire pour vous !"

07 avril 2006

Décider aujourd'hui pour vivre demain

Ca y est ! J'ai enfin reçu les actes (1 livre + 1 DVD) de la conférence internationale "Biodiversité, science et gouvernance". J'aime beaucoup le sous-titre (celui de cette note).

J'y reviendrai. En attendant, vous pouvez toujours lire le compte-rendu que j'avais écrit à l'époque, ou, pour les plus pressés, lire ça.

17 mars 2006

Participez à l’Observatoire des Papillons des Jardins

Le Museum National d’Histoire Naturelle et Noe Conservation lancent un observatoire national et tout public des papillons des jardins !

Pourquoi les papillons ? Il s'agit de completer l'information sur la biodiversite fournie par les oiseaux (par ex., programme STOC) en s'interessant a un groupe par ailleurs bien etudie mais pour lequel les informations de type suivi manque en France (alors qu'au niveau europeen, nos collegues realisent des suivis standardises permettant de suivre l’evolution temporelle des papillons de jours depuis longtemps).

Pourquoi faire appel au grand public ? La conservation de la biodiversite est l'affaire de tous. Chacun peut s'impliquer et le suivi est une facon des plus simples de s'impliquer (acquerir de la connaissance pour prendre les bonnes decisions de conservation). De plus, de nombreuses especes communes de papillons sont relativement faciles a identifier, permettant ainsi la participation d’un large public, meme avec tres peu de connaissance en identification et en biologie.
Pourquoi faire aussi appel aux naturalistes ? Au sein de l'OPJ, on peut participer de deux facons, soit en se concentrant sur une liste pre-definie de 28 especes ou groupe d'especes faciles a identifier, soit en considerant la totalite des especes de papillons de jour potentiellement presentes dans les jardins. Ce deuxieme volet s'adresse bien entendu a ceux qui ont deja quelques connaissances sur les papillons et servira a calibrer les observations du public le plus neophyte dans le domaine.
Pour les plus chevronnes d'entre vous en matiere de papillons, il existe aussi le STERF, reseau naturaliste semblable au STOC qui se met en place simultanement (un autre appel a participer suivra).

Comment participer ?
il suffit de telecharger le mode d'emploi (dont le principe est resume ci-dessous), le guide d'identification et une fiche de terrain sur le site www.noeconservation.org a partir du 21 mars. Plus tard, une interface de saisie en ligne vous permettra en quelques minutes chaque fin de mois d'alimenter une base de donnees nationale et de recevoir une synthese des progres de l'observatoire et des premiers enseignements.

Comment participer a l’Observatoire des Papillons des Jardins ?
Ouvrez l’œil chaque fois que vous etes dans votre jardin!
L’identification. Lorsque que vous voyez un papillon, il s’agit d’abord de mettre un nom dessus. Afin de permettre la participation de tous, l’Observatoire se concentre sur les 28 especes les plus communes. Toutes les especes sont presentees (avec une photo, un descriptif et une carte de repartition) sur le site www.noeconservation.org
Le comptage. Une fois l’espece identifiee, comptez le nombre d’individus de la meme espece visibles au meme moment (pour eviter de compter le meme papillon plusieurs fois). A la fin de chaque mois, c’est uniquement le nombre maximum du mois, de chaque espece de papillon qui sera transmis pour analyse. On peut compter les papillons quand on veut et autant de fois qu’on veut: il n’y a pas d’engagement et toutes les observations comptent !
La saisie des donnees. A la fin de chaque mois, du printemps a l’automne, les participants saisissent leurs donnees en remplissant un formulaire en ligne . Ils vous faudra deux minutes pour saisir vos donnees. Les donnees sont alors traitees par les scientifiques du Museum, qui vous transmettront regulierement un bilan des observations.

Information complémentaires :

Pierre Carret, Charge de Programme "Flore & Insectes"
Association Noe Conservation

16 mars 2006

Découvrez la Lettre de l'IFB

La lettre de l'IFB (Institut Français de la Biodiversité) c'est, chaque mois, le point sur l'actualité nationale et internationale sur la biodiversité. Elle propose des liens vers de nombreuses ressources, actes de colloques, références de livres, conférences, etc.

Elle s'adresse à tous ceux que la biodiversité intéresse, qu'ils soient chercheurs, enseignants, responsables d'associations, élus ou responsables d'administrations et collectivités, ou managers concernés par le management environnemental et le developpement durable.

Le n°8, mars 2006, vient d'être envoyé aux abonnés.

Pour s'abonner : lettreIFB@gis-ifb.org
Pour lire la lettre en ligne : cliquez ici !

13 janvier 2006

Sciences et Nature

Le magazine des Sciences et de l'Environnement

Juste un post rapide pour vous annoncer l'ouverture d'un nouveau site, "Sciences et Nature - Le magazine des Sciences et de l'Environnement". Site d'information, engagé, Science et Nature vous propose des dossiers, des brèves, une revue de presse, et quantité de ressources sur l'environnement et la biodiversité.

A découvrir sur : http://www.sciencesetnature.org/

10 janvier 2006

Hécatombes

Etre porteur de mauvaises nouvelles n'est pas un boulot agréable, ni un rôle facile à endosser.

Le prophète de malheur, celui qui annonce les catastrophes à venir, est un oiseau de mauvaise augure, qu'on s'efforce de ne voir ni d'entendre, afin de profiter encore un peu de l'insouciance du moment. Mais que dire alors de celui qui vous décrit se qui se passe sous vos yeux, maintenant.

Il faut pourtant bien revenir sans cesse sur certains sujets, pour aller au delà d'une prise de conscience émergente, et surtout insister, encore et encore, sur l'urgence de passer à l'action.

L'effondrement de la biodiversité au niveau planétaire fait partie de ces mauvaises nouvelles qu'on voudrait pouvoir ignorer encore un peu. Mais les faits sont là : Quelques soient les biais d'observation et les marges d'erreur, il y a un consensus scientifique mondial pour considérer que le rythme d'extinction des espèces est actuellement de 1.000 à 10.000 fois supérieur au rythme "normal". Les espèces disparaissent avant même d'avoir été décrites ou même seulement inventoriées.

Les temps géologiques sont ponctués par 5 "extinctions de masse", la plus sévère étant celle qui a mis fin à l'ère primaire, à l'articulation entre le Permien et le Trias, et la plus médiatisée étant celle qui marque le passage entre l'ère secondaire et l'ère tertiaire, à la fin du Crétacé, et qui a provoqué la disparition des dinosaures. Or, le rythme d'extinction actuel est tel qu'on peut désormais parler d'une sixième extinction de masse. Et celle ci se déroule sous nos yeux, nous en sommes la cause principale, et elle nous concerne directement.

C'est, au delà des espèces, des écosystèmes complexes, des dynamiques d'interactions et des mécanismes régulateurs sophistiqués qui disparaissent sous nos yeux, et avec eux, leurs effets indispensables pour notre qualité de vie, comme la régulation des climats, celle du cycle de l'eau ou du cycle du carbone, la fixation des sols et, plus largement, tout ce qui entretient la résilience(1) de notre "maison commune".

Non seulement nous savons que les écosystèmes s'effondrent, mais nous savons comment, et pourquoi. Les causes majeures sont au nombre de 5 (L'ordre dans lequel je vais les énoncer ici ne doit rien au hasard, mais il est bien sur variable selon les contextes locaux et les espèces et écosystèmes considérés :

  1. Le bouleversement climatique en cours, et surtout le rythme auquel il a lieu, ne laisse pas le temps aux écosystèmes de s'adapter,
  2. La destruction des habitats, notamment la déforestation, ou encore le dragage intensif des plateaux continentaux,
  3. Les bouleversement induits par les espèces "invasives", introduites artificiellement par l'homme, volontairement (comme le chat ou le lapin en Australie) ou involontairement (comme la moule zébrée, introduite dans les grands lacs américains avec les eaux de ballast des cargos),
  4. Les pollutions chimiques et organiques persistantes,
  5. La surprédation (c'est notamment le cas dans les océans, où la surpêche est là une des principales causes des extinctions en cours).

La disparition d'une espèce ou la destruction d'un écosystème, par leur irréversibilité, sont en eux même dramatiques. Mais au delà, leur gravité vient aussi du fait qu'ils sont annonciateurs d'autres hécatombes, humaines celles là. De nombreuses populations dépendent directement pour leur survie des ressources qu'elles vont prélever dans la forêt ou dans la mer, et sont menacées par la surpêche ou la déforestation. D'autres dépendent de l'agriculture et sont menacées par l'érosion des sols et l'avancée des déserts. Enfin, la raréfaction de certaines ressources, notamment le bois, les produits de la pêche et surtout l'eau, laisse craindre des conflits armés pour le contrôle de ces ressources, comme ce fut le cas pour l'or, le charbon, ou comme ça l'est encore pour le pétrole.

Le rôle des prophètes de malheur, c'est de se tromper. C'est de parler suffisamment fort pour que leurs prophéties soient entendues à temps, avant qu'il ne soit trop tard.

Noé, en parcourant les rues en tenue de deuil, annonçant les désastres à venir, n'a pas été entendu des foules. Seuls quelques justes l'ont rejoint le soir dans son atelier, lui proposant de l’aider pour la construction de l'Arche, afin que "cela devienne faux". (1)

Il s'agit là bien sur d'une fable, d'une métaphore. Ce n'est pas en construisant une quelconque arche, un refuge privilégié, que nous règlerons quoique ce soit. C'est un ensemble d’actions diffuses, à tous les niveaux, qu'il faut maintenant d'urgence engager. Ce n'est pas seulement de l'engagement de quelques justes que nous avons besoin, mais d'une adhésion collective la plus large possible, et de la participation active de chacun des acteurs de la société.

Le pire peut toujours être évité, mais il ne suffira pas de se répéter en boucle, jusqu'à l'impact final : "jusqu'ici tout va bien" ! 

Nos connaissances sont certes encore lacunaires, mais largement suffisantes pour comprendre qu'il est temps d'agir et pour savoir comment agir. Nous savons maintenant identifier les "point de bascules", ces seuils critiques ou tout peut basculer irréversiblement. Il est maintenant urgent d'en faire l'inventaire, au plan mondial, et d’agir là où il le faut pour inverser les tendances, et restaurer les écosystèmes au profit des populations locales, et, in fine, au de l'humanité entière.

(1) : La résilience est la capacité d'un système à "encaisser les coups", et retrouver son état initial après un traumatisme.

(2) : Voir "Petite métaphysique des tsunamis" de Jean-Pierre Dupuy (Le Seuil – 2005).

Pour en savoir plus :

Voir aussi, sur le site Noolithic :

29 décembre 2005

Bêtise et cruauté ...

Deux infos diffusées ce matin sur la liste de discussion de la FNH, que j'ai hésité à relayer, tant elles sont révélatrices de notre nature, devrais-je dire de notre bêtise, notre cupidité et notre cruauté.

Mais il vaut quand même mieux regarder la réalité en face, lucidement, que de s'enfouir la tête dans le sable, même si parfois on en a vraiment envie.

La première concerne le Parc Naturel de Guyane, dont la création (prochaine ?), treize ans après les premières annonces, pourrait avoir comme conséquence paradoxale d'autoriser l'orpaillage dans certaines zones périphériques du parc, là ou il est actuellement illégal. Faut-il rappeler que l'orpaillage est un des plus flagrants symbole de ce que notre cupidité peut faire subir aux populations locales, à l'écosystème et à la biodiversité : pollution au métaux lourds, érosion, déforestation, paludisme...
L'article pointe, une fois de plus, le manque d'intérêt (c'est le moins qu'on puisse dire) des élus locaux pour les questions liées à l'environnement et à la santé.
Clientélisme ? Corruption ? Conflits d'intérêt ? En l'absence d'engagement clair des élus et d'effort de transparence de leur part, chacun en tirera les conclusions qu'il peut.
C'est à lire là...

L'autre concerne le récit d'un naturaliste irlandais, Iolo Williams, de retour de Bornéo ou il a réalisé un reportage filmé sur la déforestation et le traitement infligé aux Orang Outang. Ce qu'il y a vu dépasse tout ce qu'il (et ce qu'on) pouvait imaginer en horreur et en ignominie. Tortures, massacres, volonté délibérée de faire disparaître l'Orang Outang, considéré par les trafiquants de bois tropicaux comme des gêneurs. "Ce reportage fut l'un des plus horribles sur lequel j'ai jamais  travaille durant mes 22 années d'expérience" ; "Ce que j'ai vu était si abominable que  cela m'a privé de tout espoir quant à la nature humaine". Tels sont les propres termes de Iolo.

Son récit, publié initialement le 21/12 dans le quotidien irlandais Western Mail, est à lire ici.

Ces deux exemples semblent montrer une opposition, apparente, entre les intérêts des populations locales et celle de la préservation de leur écosystème. Quelle tristesse. Tant que nous resterons dans cette erreur, et qu'on opposera développement local à préservation des milieux, nous serons dans l'impasse. La vraie richesse de la Guyane, ce n'est pas l'Or, c'est son environnement privilégié et sa biodiversité remarquable. Des projets d'écotourisme pourraient s'y épanouir et apporter bien plus, et de manière plus juste, aux populations locales, que l'exploitation de ses maigres ressources en Or au profit de quelques uns. Quand à la déforestation effrénée conduite par quelques réseaux mafieux à Bornéo et à Sumatra, au mépris des populations locales, où conduira-t-elle ? Que feront les habitants lorsque la forêt ne sera plus là ?

28 décembre 2005

Une soirée avec Jane Goodall

Si vous êtes à Paris dans la soirée du 18 janvier 2006, ne manquez pas la soirée exceptionnelle à laquelle vous convient le Muséum National d'Histoire Naturelle et l'Institut Jane Goodall France :

  • Au grand Amphitéâtre du Muséum National d'Histoire Naturelle, à 20h00, entrée libre dans la limite des places disponibles.

Pour plus d'information :

C'est le genre d'invitation qui ne se refuse pas !

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