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29 avril 2006

Le grand défi

"Il nous faut apprendre à nous aimer comme des frères, ou nous préparer à périr comme des imbéciles"

Martin Luther King

25 avril 2006

Vive la "cyclodiversité" !

Ices_rem
Rendez vous à Allègre du 5 au 11 août !

24 avril 2006

Ruptures et traditions

Une citation à méditer, une pépite trouvée dans l'avant-propos de l'excellent livre de Nicolas Chevassus-au-Louis, "Les briseurs de machine" :

"La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants"

... Karl Marx

L'avenir de la planète

Oui, je sais, c'est assez générique comme titre de note. Mais c'est celui d'un forum organisé le 17 Mai à Paris, de 8h30 à 18h30, à la maison de la Chimie.

Les grandes questions d'actualité (Energie, climat, biodiversité, urbanisation), y seront traitées lors de tables rondes où interviendront entre autres spécialistes : Jean-Louis Etienne, Dominique Lecourt, Philippe Kourilsky, Jean Jouzel, Jean-Claude Ameisen, Bernard Chevassus-au-Louis, Jean-Christophe Rufin, et bien d'autres.

L'inscription est gratuite, dans la limite des places disponibles.

Programme, renseignements et inscription : http://www.avenirplanete.com

21 avril 2006

21 avril ...

Vous avez aimé le 21 avril 2002 ? Vous allez adorer le 22 avril 2007.

C'est dans un an. Et on n'aura pas trop d'un an pour réfléchir à la meilleure façon d'éviter que le même scénario ne se reproduise, voire pire encore.

J'évite en général de parler ici de politique. En tout cas de cette politique là. Mais je considère la soirée de ce funeste 21 avril 2002 comme le moment le plus traumatisant de ma vie d'électeur, il est vrai privilégié d'être né dans un pays doté d'une solide tradition démocratique.

Raison de plus pour en profiter, et pour la défendre, cette démocratie.

Malheureusement, les mêmes causes conduisant aux mêmes effets, toutes les conditions sont réunies pour que le 20 heures s'ouvre ce soir là sur une image encore plus glaçante : Le Pen en tête au premier tour des élections présidentielles.

2, voire 3 ''grosses'' candidatures à droite, et autant à gauche. Et combien de ''petites'' de chaque coté ?

Le Front National fait à peu près autant, en nombre de voix, à chaque grand rendez-vous électoral. C'est l'absentéisme, la faiblesse des autres candidats et la dispersion des voix qui lui permet de faire des pourcentages important et de se placer au premier tour.

Si on veut éviter de revivre une "gueule de bois" républicaine le 23 avril 2007, il faudra bien se poser la question de savoir à quoi sert le premier tour d'une élection présidentielle ? A se défouler ? A crier son mépris de la classe politique ? A exprimer sa colère ou sa mauvaise humeur ? Ou serait-ce plutôt un moment privilégié dans une vie démocratique, celui ou on choisit le (la) candidat(e) qui sera tout à la fois le plus apte à gouverner, le plus proche de ses convictions, et qui aura le plus de chance de représenter ces mêmes convictions, et de l'emporter, au second tour ? Répondre oui à cette dernière question, c'est effectivement devoir peut être se résigner à faire l'impasse sur le "petit" candidat (ou candidate) qu'on trouve très sympathique et courageux, et dont on se sent intellectuellement plus proche.

Ca peut effectivement faire mal au coeur, mais il faut savoir ce qu'on veut vraiment. Le premier tour n'est pas un évènement isolé dans la vie politique d'une démocratie, mais le moment, faut-il le rappeler, où se prépare le second tour.

Pour être honnête, je dois avouer que je me suis moi aussi "fait plaisir" le 21 avril 2002. Et je m'en suis amèrement mordu les doigts, en me promettant de mieux réfléchir la prochaine fois.

Après avoir lu ces lignes, vous ferez bien sûr ce que vous voudrez le 22 avril 2007. Vous pouvez tout aussi bien ne pas voter. Ou voter pour un candidat dont vous savez pertinemment qu'il n'a aucune chance d'être présent au second tour.

Mais vous le ferez en connaissance de cause, en plein exercice de votre liberté et de votre responsabilité.

13 avril 2006

A suivre...

Quelques nouvelles d'initiatives dont il a été déjà question ici :

- De nouvelles brochures détaillant plus précisément ce que fait la branche française de The Natural Step sont maintenant disponibles dans la section documentation de leur site (attention, écologie oblige, la version pour impression est différente de la version destinée à la lecture sur écran : soyez vigilant et n'imprimez pas n'importe quoi !). Vous y trouverez notamment une présentation des formations proposées par TNS et une plaquette décrivant l'offre de service aux entreprises. N'oubliez pas non plus de jeter un coup d'oeil aux "News du mois".

- Si vous considérez qu'activité sportive et responsabilité sociétale et environnementale ne sont pas forcément en contradiction, vous lirez sans doute avec intérêt le premier numéro de l'e-mag lancé par l'association "SVPlanète" (Un Sport Vert pour ma Planète). Vous pouvez le télécharger directement ici, en attendant la mise en ligne prochaine de leur site web.

- Téléchargez l'emag_svplanete_numero1.pdf

09 avril 2006

Comment on va sauver la Terre !

Si comme moi vous avez des "juniors" à la maison, je ne peux que vous recommander de leur offrir le numéro spécial de "Science et Vie Junior" éponyme de cette note (En kiosque en ce moment).

C'est une véritable mine de nouveautés, d'idées, d'ébauches de solutions aux problèmes actuels de notre planète, utilisant, cerise sur le gateau, des technologies disponibles dès aujourd'hui. A un âge (10 - 17 ans à peu près) où on s'enthousiasme (plus) facilement pour ce qui est nouveau, où les freins au changement sont moins nombreux (en général), ce serait dommage de les priver de ces pistes à explorer et des ces germes d'espoir. Toutes les réponses n'y sont pas (il leur restera du travail, à ces futurs adultes), mais les bonnes questions y sont. Et les parents y trouveront sûrement de quoi s'étonner.

Bonne lecture.

08 avril 2006

Pub : Grace à lui, devenez un dieu !

Bouleversement climatique ? Dépletion du pétrole ? Sécurité ?
Qu'importe, votre nouveau Chevrolet Tahoe fera de vous un Dieu.

Une petite vidéo publicitaire parodique, à voir (en anglais)!

07 avril 2006

Normalisation, innovation, complexité

J'ai pu assister dans la soirée du 6 avril a un débat organisé par l'association Vivagora, dont l'objet principal était l'usage des nanotechnologies dans notre quotidien, notamment dans le domaine des technologies de l'information et de la communication. Au cours de la soirée, de nombreuses digressions intéressantes nous ont conduit à réfléchir à la notion de normes, à leurs finalités, à la façon dont elles sont élaborées et finalement à la question de savoir qui les édicte, et qui en bénéficie.

Au départ, tout paraît relativement simple : Le travail de normalisation peut répondre dans certains cas à une volonté du législateur, qui fixe quelques « règles du jeu » minimales. Mais il répond surtout, en théorie, au besoin de rendre « interopérables » et « communicants » les systèmes entre eux, et surtout à faciliter leur mise sur le marché et leur circulation dans une économie mondialisée.

Au final, c'est surtout de luttes de pouvoirs pour savoir qui contrôlera le marché qu'il s'agit. La norme devient une arme clé dans la guerre économique. Qui contrôle la norme, et de préférence au niveau le plus « bas », et au niveau le plus fin, contrôle le marché. Vous êtes le premier à mettre sur le marché une nouvelle technologie ? Inondez le marché au plus vite, et surtout fréquentez assidûment les instances de normalisation et prodiguez leur généreusement vos conseils. Vous arrivez après, mais qu'importe, vous êtes plus gros, plus riche et plus puissant que votre concurrent ? Concevez votre propre norme, si possible à l'aide de quelques alliés puissants, et vous  évincerez « en douceur » votre adversaire. Tout ceci bien sûr dans l'intérêt du consommateur, puisqu'il aura à sa disposition des produits « standards », maîtrisés, sûr et communicants.

On se souvient par exemple de la guerre des standards pour les cassettes vidéos, de celle sur les téléphones mobiles, ou encore, aujourd'hui, sur les fameuses étiquettes dites intelligentes (RFID). Le plus souvent, plusieurs acteurs puissants s'organisent et passent une alliance pour définir le futur standard du marché. Dans le domaine des systèmes d'exploitation pour ordinateurs personnels, on est bien obligé de constater qu'un acteur du marché fixe à lui seul le standard de fait, depuis maintenant une vingtaine d'années. C'est donc, dans l'intérêt de l'utilisateur bien sûr, une sorte « d'oligarchie » économique qui met au point et édicte les standards qui lui conviendront, à elle, et lui permettront de consolider sa domination sur le marché. Dans un système théoriquement dominé par le marché (l'utilisateur), c'est bel et bien le fournisseur, et non le client, qui fixe la norme.

A l'opposé du concept d'émergence (bottom-up) sur lequel je reviendrai plus loin, c'est bien une approche top-down qui domine.

Quelles en sont les implications ? J'en vois trois principales :

  1. Malgré la transparence théorique du produit fini (la norme), le processus qui conduit à son élaboration se fait essentiellement sans impliquer l'usager, qui au passage est aussi un client et un citoyen. La norme étant généralement un document technique destiné à des techniciens, sa compréhension échappe largement aux citoyens, et relève des seuls experts.  De nombreux aspects éthiques sont souvent « oubliés » dans la réflexion (Où sont les données ? Qui peut les lire ? Pendant combien de temps sont elles conservées ?), ou ressurgissent, trop tard, sous forme de polémiques interminables.

  2. Ce mode d'élaboration des normes techniques installe de fait une coupure vis à vis de l'usage qui sera fait effectivement de l'outil, et des motivations réelles de l'usager. Vieille question qui agita jadis les évolutionnistes : Est-ce l'organe qui crée la fonction ? (L'outil qui fait l'usage ?) ou la fonction qui crée l'organe (l'usage qui détermine l'outil ?). Combien de fois sommes nous, simples usagers, obligés de nous adapter à un outil répondant mal à nos besoins, alors que nous aurions tant aimé avoir un outil qui s'adapte à notre usage...

  1. Enfin, et c'est peut être le plus grave, je vois dans tout cela comme une négation de la complexité du monde réel, des dynamiques d'interactions sociales, culturelles, et environnementales, et des ruptures que sont susceptibles d'introduire certaines innovations. Comme une dangereuse volonté de simplification forcée. Réductionnisme et déterminisme contre approche systémique et globale ? Si c'est le cas, c'est à une extrême fragilisation du système, dans son ensemble, qu'il faut s'attendre. Comme un château bâti sur des sables mouvants. Forcer son environnement à s'adapter, plutôt que de s'adapter à son environnement est hélas bien dans les habitudes de l'humanité, depuis quelques milliers d'années en tout cas. Mais nous constatons aujourd'hui les limites de cette attitude...

Alors quelles réponses apporter, face à ce constat ?

Faisons preuve d'un peu de modestie, et prenons exemple sur le vivant : Celui-ci nous inspire déjà, à travers le « biomimétisme », de nombreuses innovations technologiques (je citerai par exemple le « Velcro ». Peut-être peut-il aussi nous inspirer une autre façon d'innover. Depuis 3,8 milliards d'années, sans interruption, le vivant est là. Il a su s'adapter à des bouleversements prodigieux de son environnement, en s'adaptant et en innovant sans cesse. Que nous apprend-il ?  Que l'innovation ne suit pas un processus linéaire, mais au contraire chaotique. Qu'il n'existe d'équilibres qu'en mouvement, dynamiques, comme un cycliste qui tombe s'il cesse d'avancer. Que la complexité est là, et que c'est à nous de nous y adapter. Elle peut même être une source d'enrichissement et une véritable « assurance vie » face à l'incertitude. Alors que vouloir tout simplifier revient à mettre la tête dans le sable. Enfin, dans le vivant, et à quelque niveau d'analyse que l'on se place, c'est le « bottom-up » qui gouverne l'évolution. Le « top down » n'existe pas, sauf à prendre à la lettre les thèses créationnistes. C'est bien « d'émergence » qu'il s'agit, lorsque qu'apparaît un niveau d'organisation supérieur, et lorsque les propriétés d'un système deviennent supérieures à celle des éléments qui le compose. C'est aussi d'émergence que l'on parle lorsque une espèce (une innovation) qui se trouve être bien adaptée à son environnement s'y épanouit, au moment ou d'autres disparaissent. Pour clore cette comparaison avec le vivant, cette petite métaphore, forcément simplificatrice : L'espèce qui réussi (l'innovation) n'est pas celle qui est imposée par son créateur (le fournisseur) à un environnement (la société) hostile ou simplement sceptique. C'est celle qui, tout simplement, saura y trouver sa place.

C'est à nous tous, consommateurs tout autant qu'industriels, que s'adressent les leçons de cette « écoute du vivant ».

En tant qu'usagers, nous devrions sans doute nous réapproprier les outils. Ne pas « accepter sans comprendre », ce qui ce passe dans toutes ces « boîtes noires » qui font désormais notre quotidien, mais réfléchir à leurs apports réels, à leurs impacts sur nos vies, et à ce que nous voulons vraiment. Mieux les maîtriser nous aidera à mieux maîtriser notre futur. Et gardons à l'esprit ces questions : Qui asservit qui ? L'outil sert-il mes objectifs, ma volonté ? Ou, comme l'anneau de Frodon, m'impose t-il sa propre volonté ?

En tant que producteur d'innovation et acteurs économiques, les entreprises (et les administrations concernées) seraient peut-être bien inspirées de réfléchir à la façon d'innover autrement, en écoutant l'ensemble des parties intéressées, en acceptant la complexité et les contradictions, voire ce qui leur semblera relever de « l'irrationnel » chez leurs interlocuteurs. Sur le processus d'innovation lui même, le monde du logiciel libre, sur le modèle de « la cathédrale et le bazar » montre peut être la voie. L'outil y est le résultat d'un travail collaboratif, d'itérations nombreuses et « chaordiques » entre utilisateurs et développeurs, ce qui permet une personnalisation poussée et une adaptation fine de l'outil à l'usage qui en sera fait.  La norme existe, mais elle résulte de ce même processus, et répond à un impératif simple : Nous devons communiquer pour travailler et produire ensemble. Enfin, la question du « sens » d'une innovation, et de son impact à court et long terme sur les comportements, la cohésion sociale, les libertés individuelles, les cultures et l'environnement devrait être présente tout au long du processus d'innovation et de normalisation. « L'éthique » de l'innovation (et pas seulement en biologie et en médecine, ou ces questions sont déjà présentes et mêmes réglementées) est une discipline encore à inventer.

Décider aujourd'hui pour vivre demain

Ca y est ! J'ai enfin reçu les actes (1 livre + 1 DVD) de la conférence internationale "Biodiversité, science et gouvernance". J'aime beaucoup le sous-titre (celui de cette note).

J'y reviendrai. En attendant, vous pouvez toujours lire le compte-rendu que j'avais écrit à l'époque, ou, pour les plus pressés, lire ça.

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