Désolé si le titre de cet
article vous a induit en erreur, ce n'était pas mon intention
(quoique ?). Il ne sera donc pas question ici de politique (quoique
?), mais de ces merveilleuses machines dues au génie humain et
mues par la force humaine...
Outil convivial par excellence, dans tous les sens du terme et selon les critères définis par Ivan Illich, la bicyclette est bien plus qu'un outil. Elle procure du plaisir à son utilisateur, favorise l'évasion, crée un sentiment de liberté propice à la pensée et à la créativité.
Du seul point de vue de l'efficacité, n'importe quelle bicyclette standard permet de multiplier par 5 la mobilité et la rapidité de son utilisateur. Et pourtant... Que d'améliorations on pourrait lui apporter, en tenant compte de ses limites et de ses forces.
Quand on sait par exemple qu'à 30 km/h, les forces de friction sont négligeables, et que 80% de l'énergie du cycliste est dépensée à déplacer de l'air, on prend soudainement conscience d'une formidable marge de progrès possible. Et sur le plan du confort, il y a sans doute mieux à faire que cette chère vieille selle...
Il y a très longtemps (10 ans ?) j'ai fait mes débuts sur le web en écrivant cet article sur les « vélos couchés » ou Véhicules à Propulsion Humaine (Human Powered Vehicle en anglais). Alors marginaux, voire inconnus en France, les Véhicules à Propulsion Humaine étaient déjà assez populaires chez nos voisins allemand, hollandais, suisses, ou encore aux Etats-Unis et en Angleterre. Des rassemblements internationaux et des compétitions étaient organisés tous les ans, permettant aux amateurs de confronter leurs créations (à l'époque, la plupart des pratiquants concevaient et fabriquaient eux même leurs machines). Un championnat du monde était même organisé tous les ans, en alternance entre l'Europe et le continent américain. La convivialité et la bonne humeur étaient, et sont toujours, de rigueur dans ces championnats où les amateurs peuvent croiser les champions et échanger avec eux leurs idées. L'ambiance particulière de ces courses vient aussi du fait qu'il n'y a pas d'argent en jeu, pas (ou peu) de sponsors, et qu'il y règne un véritable amateurisme. Les véhicules à vocation utilitaire (les fameux « vélomobiles ») y coexistent avec des engins de pure performance.
Cette année, les Véhicules à Propulsion Humaine seront à l'honneur en France, et à deux reprises. Ce sera l'occasion je l'espère pour le grand public de découvrir enfin les avantages de ces fruits de l'évolution de la bicyclette.
Pour la première fois, France
HPV organisera les championnats du Monde. Ce sera à Allègre,
en Haute Loire, du 5 au 11 août 2006. Courses, randonnées,
démonstrations, expositions et salon commercial sont au
programme. Vous aurez la possibilité de tester vous même
certains véhicules, et de découvrir de nouvelles
solutions d'écomobilité.
(Je vous laisse prendre
connaissance du programme détaillé sur le site de
l'évènement)
Un peu avant, France HPV participera au congrès de la Fubicy, à Amiens, du 21 au 23 avril. L'association y présentera notamment une exposition de posters sur les VPH, et un atelier « vélomobiles », avec la présence de plusieurs fabricants.
Attention : Découvrir le vélo
couché, et ses dérivés, n'est pas un événement
anodin. Il fait partie de ceux qui ont eu une influence décisive
sur la suite de ma vie.
- Vous êtes prévenus ;-)
« 666 révolutions par kilomètre... » : C'est ce qu'accomplissent les roues de mon vélo (ce sont des roues de 20 pouce), en toute discrétion et harmonie, pour mon propre bien, le bien commun et celui de l'environnement. Qui dit mieux ?
Pour en savoir plus :
Le site de France HPV
Le site des championnats du Monde 2006, à Allègre
Le site de la Fubicy (Fédération des Usagers de la Bicyclette)
Quelques adresses pour voir, essayer et acheter un VPH :
On-avance, à Montpellier
Velo Futura, à Andernos les Bains (près de Bordeaux)
M5 France à Annecy
Cycle Zen à Angers
Voir aussi la page des liens sur le site de France-HPV
Voir aussi sur Noolithic :
Le vélo, c'est bien pour économiser le pétrole qui coute de plus en plus cher. Evidement, on peut aussi réflechir à l'utilisation des bio-carburants pour les paresseux qui veulent quand même pouvoir se déplacer.
Rédigé par : Corneau | 30 janvier 2006 à 15:57
L'article est assez sympas en soi. Je trouve qu'il est bien d'organiser des concours saints dans une ambiance saine... De nos jours, l'argent est au premier plan. Le pétrole est la première ressource et la plupart préfèrent aller au travail avec leur voiture polluante qu'avec un superbe vélo. En outre, celui qui utilise sa bicyclète, fait du sport. Donc, le vélo c'est bénéfique.
Merci de m'avoir lu...
Rédigé par : E.K | 31 janvier 2006 à 09:19
Le camarade Ivan Illich, que j'avais découvert en lisant son travail de réflexion sur «une société sans école» (le titre original est plus vigoureux : deschooling est une forme verbale signifiante du retrait, pas de l'absence, a été supporté par mes contemporains tant qu'il s'est contenté de demander de «libérer l'avenir».
Lorqu'il s'en est pris, au terme d'une réflexion systémique implacable, à la médecine, puis au travail tels que notre société bien-pensante les exalte, sa cote a diminué...
Depuis quelques années, je cherche comment m'y prendre pour mettre en oeuvre des pratiques conviviales, non pas dans des perspectives prosélytes, mais pour que mes compétences professionnelles soient utilisables de manière autonome et critique par mes proches.
Pour parler franc, j'ai du mal.
Pour ce qui est du vélo, que j'ai beaucoup utilisé jusqu'à mes vingt ans (sur des engins qui n'avaient pas le "rendement" de ceux d'aujourd'hui), je reconnais que j'ai pratiquement abandonné. Circuler en ville me fait peur. Très peur...Déjà, le«piéton de Paris» est un aventurier : un jour, les compagnies d'assurance refuseront de couvrir ce risque.
Comme conseiller de quartier, je constate la difficulté à obtenir des balisages conformes à une règlementation qui, elle, est devenue autiste, et aussi et surtout que les citoyens eux-mêmes respectent les règles élémentaires de la prudence.
Mais que faire ? L'adjointe au maire circule en 4X4 et son rêve social est que chaque habitant puisse en faire autant...Comment lui faire comprendre que ce n'est pas une utopie directrice valable (même si les 4 roues sont motrices) et que l'avenir du quartier ne passe pas par des rues assez larges pour qu'il y ait autant d'autos et de places de stationnement que d'habitants ?
Le 69° des freemen.
Rédigé par : Adamantane | 06 février 2006 à 23:39
Réponse à Adamantane :
La force de l'exemple ?
La modestie du quotidien ?
Faire ce qu'on croit bon, en y prenant plaisir et en le faisant avec le sourire ?
Rédigé par : Emmanuel | 07 février 2006 à 12:53