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23 novembre 2005

La biodiversité je m'en f...

Si vous êtes convaincu du bien fondé de la protection de la biodiversité, notamment en tant que potentiel d’évolution et comme « réservoirs de possibles » pour un avenir incertain, ce n’est pas forcément le cas de tout le monde.

Et il faut bien reconnaître qu’il est parfois difficile d’argumenter sur ces questions, tant nous sommes devenus majoritairement des citadins coupés de la nature et que, comme il existe une agriculture « hors sol », nous sommes en voie de devenir une civilisation « hors sol », avec tous les oublis et les schéma mentaux que cela implique.

Jacques Weber, Directeur de l’Institut Français de la Biodiversité, utilise dans les débats publics une argumentation capable de frapper les imaginations et de faire réagir. Elle se déroule en deux phases :

Proposez à vos interlocuteurs de s’imaginer qu’ils partagent un bon repas entre amis. Regardez ce qui se trouve sur la table : du pain, des légumes, des fruits, des pâtes, pourquoi pas un peu de vin ? Y a-t-il un seul des produits que vous consommez quotidiennement qui ne soit issu du vivant ? La réponse est non, bien sûr.

Mais on pourra toujours vous rétorquer qu’il y a des espèces utiles, indispensables à notre survie, et d’autres qui ne le sont pas. Il y aurait même, selon certains, des espèces « nuisibles ». Mais comment faire le tri ? Pouvons nous concevoir une nature entièrement domestiquée, à notre service, ne préservant que les espèces qui nous sont directement bénéfiques ?

Ce serait faire l’impasse sur l’incroyable complexité du vivant et des écosystèmes, dont la dynamique des interactions et le potentiel d’évolution sont seuls garants de leur pérennité.

C’est là qu’intervient la deuxième phase de l’argumentation : Imaginez un jeu de Mikado, formant une sorte de pyramide instable. Chaque bâton coloré représente une espèce vivante, mais vous ne savez pas laquelle. Vous enlevez soigneusement un bâton, les autres ne bougent pas. Adresse ou coup de chance ? A la tentative suivante, patatras ! Toute la pyramide ne s’écroule pas, mais elle en prend un coup …

Maintenant, regardons quelle espèce était figurée par ce petit bâton rayé bleu et jaune qui vient de tomber... Pas de chance : Il s’agissait de l’autoproclamé Homo sapiens !

Moralité : prenons garde lorsque nous enlevons, consciemment ou inconsciemment, un pièce du Mikado. Nous ne savons pas lesquelles seront entraînées dans sa chute.

22 novembre 2005

Nanomonde : Quels choix technologiques pour quelle société ?

L'association Vivagora présente son programme de conférences / débats citoyens pour 2006, sur le thème des nanotechnologies :

" Pourquoi les nanotechnologies vont-elles révolutionner notre quotidien ? Qu'est-ce que cet étrange « nanomonde » que l'on nous annonce pour demain ?

La manipulation de la matière à l'échelle du nanomètre (80 000 fois plus petit que le diamètre d'un cheveu) va nous offrir des possibilités nouvelles dans de nombreux domaines stratégiques : l'énergie et le développement durable, la communication, le transport, la sécurité, l'amélioration des performances humaines, la santé et les risques sanitaires, les rapports géopolitiques et militaires…

L'exemple de nanopuces implantées dans l'organisme humain capables de stocker des informations consultables à distance par un système d'identification par radiofréquences, ou bien de diffuser des médicaments ou même de stimuler le cerveau ne laissent-elles pas entrevoir une sorte de pilotage des humains ?

La descente de la technique vers le microscopique permet de connecter l'inerte et le vivant, les techniques et les corps, les cerveaux aux machines… Ainsi les disciplines scientifiques, les nanosciences, les biotechnologies, les infosciences et les cognisciences convergent-elles ; elles inaugurent une nouvelle façon d'innover porteuse d'une véritable révolution technologique.

Cette révolution va conditionner notre avenir. Déjà, chaque année, près de 10 milliards d'euros sont investis dans ce secteur. Comprendre les objectifs poursuivis, distinguer réalités et spéculations, cerner la maîtrise que nous avons des nano-objets, questionner les responsabilités engagées, examiner les normes, les risques sanitaires et environnementaux, débattre des priorités durables et équitables… Tels sont les défis auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés pour choisir le monde dans lequel nous voulons vivre."

Pour plus d'information, et le programme détaillé :

Téléchargez le Programme_Nanotechnologies

Voir aussi : www.vivagora.org et l'espace Nano sur www.vivantinfo.com

16 novembre 2005

Vous connaissiez : Le rat des villes, le rat des champs, ...

... Mais connaissiez vous le rat démineur ?

Quand vous aurez lu cet article, "Rat" ne devrait plus prendre de connotation péjorative dans votre esprit. Une ONG belge, Apopo, a en effet entrepris de dresser des rats pour la detection des mines antipersonnels, ce fléau dont ne dira jamais assez que c'est une immonde saloperie, tuant principalement les femmes qui vont travailler au champs, et leurs enfants qui jouent autour d'elles, dans des pays déjà ravagés par la guerre et la famine.

Avantages : Le rat a un excellent flair, il se dresse rapidement, et comme il est très leger, il ne fait pas exploser la mine. Mettra-t-il les chiens démineurs au chômage ? Non, mais il apportera un complément très efficace.

Autres pistes pour détecter plus efficacement et avec moins de risques ces saloperies : Une plante génétiquement modifiée (Arabidospsis Thaliana) dont la couleur change au contact des mines. Un article à lire ici (en français), ou là (en anglais). Et le point de vue d'ATTAC, qui y est opposé.

Main basse sur la Nature

Etant en déplacement, je n'ai pas pu voir le théma d'Arte éponyme de cet article.

Mais le programme est prometteur, et la cassette m'attend à la maison. Je sens qu'elle va circuler ...

En attendant, vous pouvez jeter un coup d'oeil au programme détaillé sur le site d'Arte.

J'y reviendrai quand je l'aurai visionné.

14 novembre 2005

Qui suis-je ?

Un agrégat de cellules, d’abord indifférenciées, puis perdant de leurs potentialités à mesure qu’elles se spécialisent ?

Un simple vecteur, pour des « gènes égoïstes » ?

Un maillon, dans la grande « chaîne de l’évolution » ?

Un primate qui aurait mal tourné ?

Un figurant, dans une pièce « écrite par un fou et joué par des sots », comme l’aurait dit William Shakespeare ?

Le spectateur résigné d’une tragédie ? Celui insouciant d’une comédie ?

Ou un acteur, résolu à influer sur le cours des actes qui restent à écrire ?

Une sorte de Don Quichotte, rêvant d'idéal et trébuchant sur les réalités ?

Ou un pragmatique, inspiré par l'idéal, mais agissant sur et dans la réalité ?

Un parasite ? Un symbionte ? Un consommateur ? Un citoyen ? Un contributeur ?

Un ami, un amant, un frère ?

Une conscience ?

Un catalyseur ou une particule élémentaire dans une conscience collective émergente ?

Peut être tout cela ? Et quoi d'autre encore ?

Et vous ? Qui êtes vous ?

09 novembre 2005

La Paix !

Extrait des "27 principes de Rio" :

Principe 24 : La guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur le développement durable. (...)

Principe 25
: La paix, le développement et la protection de l'environnement son interdépendants et indissociables.

(Télécharger la liste complète : PrincipesRio.doc )

Qu'ajouter à cela ?

Simplement ceci : On aura beau parler de développement durable, nous n'y arriverons pas si la paix et l'harmonie entre les êtres humains ne sont pas au centre de nos préoccupations quotidiennes et de toute politique publique.

Et il ne s'agit pas que des relations entre les états. Suivez mon regard... Si je n'ai pas évoqué plus tôt ce climat de violence et de haine qui régne dans nos banlieues, ce n'est pas, loin s'en faut, que j'y était indifférent. Les mots m'ont manqué tant cette affaire est affligeante.

Les défis liés à la dégradation de l'écosystème et à l'épuisement des ressources naturelles vont nécessiter une mobilisation considérable, de la part de tout le monde. Et chaque conflit, chaque émeute, chaque tension raciale, ethnique ou sociale nous place dans la mauvaise direction, et nous détourne de l'objectif. Mais comment mobiliser, comment sensibiliser les citoyens si nous sommes désunis, méfiants ou craintifs face à l'autre ? Comment demander aux plus pauvres, aux exclus, à ceux qui ont la haine parce qu'ils ne trouvent pas de travail, qu'ils vivent dans des ghettos, de contribuer à cet effort. Cause perdue ?

Lester Brown citait dans un récent entretien donné à "Alternatives Economiques" l'exemple suivant, que je trouve particulièrement frappant : Pour le peuple américain, jusqu'en 1940, ce qui se passait alors en Europe était le problème des européens, et ne les concernait pas particulièrement. Au moment ou l'Amérique est entrée en guerre, elle n'était absolument pas préparée à un conflit d'une telle ampleur. Or, sous l'effet d'une mobilisation sans précédent, l'économie entière du pays fut convertie en économie de guerre, et ce en quelques semaines. Si un effort considérable a pu être accompli par un peuple tout entier pour la guerre, pourquoi ne peut-il pas l'être aujourd'hui pour la paix et pour un développement durable ?

La réponse tient en ces deux mots : Cohésion sociale.

C'est ensemble que nous y arriverons, ou ensemble que nous échouerons.

08 novembre 2005

Penser le temps long ....

Nous sommes en équilibre sur un fil tendu entre un passé profond, qui nous est encore largement inconnu, même s'il nous dévoile petit à petit ses secrets, et un avenir incertain.

Le présent n'existe pas. Fugace, il nous échappe à l'instant où nous croyons le saisir. Mais que cela ne vous empêche pas d'en profiter, d'accumuler tous ces souvenirs qui font une vie bien remplie, et de préparer l'avenir. Le votre, celui de vos enfants, et celui des enfants à venir.

Je confesse un certain goût  pour les fossiles et les vieilles pierres. Quand je vais chez quelqu'un, je jette toujours un oeil à la bibliothèque, parce que j'aime les livres, et que ça m'intéresse de savoir ce que mes amis lisent, et aussi pour leur "piquer" quelques idées de livres à lire ou à acheter. Et vous avez remarqué ? C'est souvent dans la bibliothèque que les gens placent les quelques cailloux ou fossiles ramassés au hasard des balades. Comme si, inconsciemment ou consciemment, les deux objets étaient associés. Les cailloux et les fossiles nous racontent aussi des histoires,  à leur façon. Celles des mondes disparus, enfouis dans les profondeurs du temps.

Le nôtre, un jour, les y rejoindra. Mais c'est une autre histoire, et nous avons une vie à vivre et un avenir à penser avant cela.

Cet intérêt pour la géologie et la paléontologie, bien éloigné à priori de mes préoccupations professionnelles, m'ont parfois fait taxer de "passéisme",  et m'ont même été reproché lors d'un entretien avec un consultant en recrutement. Mais c'est ma manière de voyager à moi. J'accumule les voyages dans le temps, les millions d'années parcourus mentalement, comme d'autres les "miles" des compagnies aériennes.

Un certain discours voudrait que nous soyons des êtres "jouissants sans entraves", et surtout sans souci du lendemain. (Consommez, consommez, ...) Je prétends au contraire que cette conscience du temps profond doit nous aider à mieux nous connaître et à prendre conscience de notre position dans l'histoire du vivant, et de nos responsabilités en son sein et face aux générations futures.

Un peu comme Carl Sagan ou Hubert Reeves, en nous faisant rêver aux galaxies et aux astres lointains, nous ont fait prendre conscience de la finitude de notre monde, et de l'importance qu'il y avait à prendre soin de notre petit vaisseau spatial perdu dans l'univers, la Terre.

 

Note : Cette conscience du temps profond n'est pas si ancienne. Certaines cultures, comme celle des aborigènes, l'intègrent bien dans leur vision du monde, dans ce qu'ils désignent joliment par "le temps du rêve". Pour nos cultures occidentales, le monde a pour la plupart des hommes jusqu'au début du XIXème siècle été créé il y à 7000 ans, à peu près tel qu'il est aujourd'hui. Il a fallu le génie des grands géologues et biologistes que j'évoquais récemment pour commencer à changer notre perception du temps, et ramener l'histoire de l'humanité à ses justes proportions. Thomas Henry Huxley, encore lui, a disserté "sur un morceau de craie". Ce texte destiné au grand public, à ma connaissance non traduit en français (je le ferais un jour pour vous), constitue encore aujourd'hui l'un des meilleurs textes de vulgarisation disponibles sur le sujet*. Thomas Henry Huxley, qu'il lui soit ici encore rendu hommage, appartient à ce que l'Angleterre nous a donné de meilleur,  avec William Shakespeare, Joe Strummer, Alfred Hitchcock,Thomas More ou Wallace et Gromit.

* A ceux qui voudraient approfondir cette question, je recommande vivement la lecteur de l'essai très complet et vraiment surprenant de Stephen Jay Gould : "Aux racines du temps".

06 novembre 2005

Le retour des clippers ?

Clipper2005Un grand vent de changement est il en train de souffler ?

L'énergie éolienne, qui compte hélas tant de détracteurs sur terre, a, il ne faudrait pas l'oublier, joué un rôle déterminant dans les transports sur mer, et ce pendant plusieurs siècles. Les habitués de "Thalassa" et les amateurs de beaux bateaux ont certainement tous en mémoire ces splendides clippers, qui reignaient en maîtres sur toutes les mers du globe jusqu'à ce que les vapeurs, puis les diesels, plus rapides et nécessitant un équipage moins nombreux, les en chassent.

Sous une forme toute à fait différente, la propulsion à voile pourrait bientôt prendre sa revanche.

Pour le transport de marchandises, le bateau est à peu près 300 fois moins gourmand en énergie  que l'avion. Mais le renchérissement du pétrole, les nouvelles règlementations environnementales adoptées par certains pays, les tarifs préférentiels accordés par quelques ports aux navires les moins polluants commencent à inciter les armateurs à faire quelques efforts. Et une innovation récente vient leur offrir opportunément une occasion d'améliorer leur performances énergétiques et environnementales, tout en faisant des économies significatives.

Le "kite", sorte d'hybride entre un cerf volant et une voile, et déjà populaire sur les plages bien exposées auprès des "kite surfeurs", pourrait trouver un nouveau débouché en aidant à la propulsion des cargos et des tankers.

Modernisé, entièrement piloté par ordinateur pour s'adapter aux conditions de mer et de vent, adaptable facilement sur n'importe quel bateau de commerce à un coût compétitif, ce dispositif permettra, selon ses concepteurs, une économie moyenne de 20% de la consommation de fuel des navires (et donc des émissions de polluants), selon les conditions de mer.

Au delà, les progrès inouïs accomplis dans le domaine de la grande régate, laissent espérer un jour le retour de navires de commerce entièrement propulsés à la voile ou à propulsion hybride solaire, voile et énergie fossile, à la fois performants, rentables, et moins polluants.

Pour en savoir plus :

02 novembre 2005

Boite à idées, idées de boites

Vous voulez changer le monde ? Bougez vous le c... !

C'est ce que semblent vouloir nous dire ces deux là : Sylvain Darnil et Mathieu le Roux sont partis à la rencontre, sur les 4 continents, de ceux qui sèment ces fameuses "graines de changement", les pionniers du développement durable.

C'est ainsi qu'il ont bouclé leur "Tour du monde en 80 hommes" (dont pas mal de femmes).

Le récit de leurs entretiens est une véritable mine d'or, pour tous ceux qui veulent agir, sans trop savoir par où commencer. Ceux qui parmi vous ont la "fibre entreprenariale" y trouveront leur compte, et des quantités de pistes pour se lancer. Pour tout les autres, qui enseignent, travaillent ou militent autour des concepts de développement durable ou de management environnemental, c'est une formidable boite à idée que vous trouverez dans ce livre. En réconciliant, mine de rien, capitalisme et générosité, rentabilité et responsabilité, entreprise et progrès social. Plus que les idéologies, ce sont les femmes, les hommes, et ce qu'ils réalisent qui importent.

Parmi toutes ces rencontres, certaines m'ont vraiment touché, parfois remué, et j'ai bien sûr mes petit(e)s préféré(e)s.

Par ces temps de morosité, de doute, de crise des institutions et même des utopies, ce livre est un formidable antidote. Un de ceux* qui vous font dire : "Oui, c'est encore possible".

"80 Hommes pour changer le monde - Entreprendre pour la planète"
De Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux
Ed. JC Lattès

Voir aussi : www.80hommes.com

* A ce titre, ce livre rejoint l'un de mes ouvrages fétiches :
"Facteur 4 - Un rapport au Club de Rome"
De Ernst U. von Weizsäcker, Amory B. Lovins et L. Hunter Lovins.
Ed. Terre Vivante
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En prime, parce que je vous aime bien, une citation qui court sur la blogosphère ces temps-ci, attribuée à Albert Jacquard :

"Le travail essentiel sera d'extirper dans les esprits l'idée qu'on doit être meilleur que l'autre. Non je ne dois pas être meilleur que l'autre, je dois être meilleur que moi, grâce à l'autre."

01 novembre 2005

Le vélo de Steve Jobs

Citation extraite d'une interview de Steve Jobs parue dans The Independent :

Et finalement, quelle est le dernier truc technologique qu'il (Steve Jobs) a acheté, non fabriqué par Apple, et qui lui a vraiment fait plaisir ? Il s'arrête de longues secondes, regarde le sol, pose ses mains sur ses genoux, regarde au loin. En fait, j'ai acheté récemment un vélo. C'est vraiment... merveilleux.

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