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31 octobre 2005

Budget de l'environnement : crédits mineurs pour enjeux majeurs

Le vote du budget de la France va avoir lieu accordant généreusement 0,3% du budget de l'Etat au ministère de l'écologie.

Une cyber-action a été conçue par la ligue ROC.

Pour agir, C'est là :

http://www.roc.asso.fr/soutenir-agir-nature/agir-nature.html

Evolution 2.0

Après avoir rendu hommage à Jean-Baptiste Lamarck et proposé un "après Darwin", la moindre des choses serait d'abord de rendre à Charles ce qui est à Charles. J'aimerai aussi revenir sur les leçons de l'évolution et ce que nous pouvons encore en apprendre.

Jean-Baptiste Lamarck fut le premier à proposer une théorie scientifique de l'évolution (l'idée que les espèces n'étaient pas fixes était déjà dans l'air à l'époque, mais outre qu'elle allait à l'encontre d'un intransigeant tabou religieux - les espèces ont été crées par Dieu telles qu'elles sont - personne n'avait d'explication à proposer au pourquoi et au comment les espèces évoluent). Sa théorie se révéla vite erronée, mais elle eu le mérite d'ouvrir une brèche dans laquelle d'autres (Darwin, Wallace, Huxley) allaient s'engouffrer.

La théorie de Lamarck, qu'on appelle le transformisme, proposait comme moteur de l'évolution la pression exercée par leur environnement sur les organismes vivants, poussant ceux-ci à s'adapter, dans leur morphologie et leur comportement, les adaptations accomplies étant ensuite transmises aux générations suivantes.

Charles Darwin, proposa lui une théorie plus élaborée, ou les pressions de l'environnement sur les populations, ou les lignées - et non les organismes - favorisaient en leur sein les individus les plus aptes à survivre et donc à se reproduire. Il ne s'agit donc plus là de transmission de caractères acquis, mais de transmission de caractères apparus aléatoirement chez quelques individus au sein d'une population, pouvant constituer un avantage compétitif.

Au passage, ni Darwin, ni encore moins Lamarck n'avaient connaissance des travaux du moine autrichien Gregor Mendel, qui fonda les bases de la génétique moderne. Aucun d'eux n'avaient connaissance des mécanismes biologiques de transmission des caractères, sinon par l'approche empirique utilisée en agriculture depuis l'antiquité pour sélectionner les variétés les plus productives.

Attention donc à ne pas réduire l'oeuvre de Charles Darwin à : "la lutte pour la vie et la survie du plus apte". Son oeuvre est immense, l'homme a gardé toute sa vie une grande modestie et une capacité d'autodérision que ne possédaient pas tout ses contemporains, loin s'en faut. Il a eu de bonnes fréquentations, comme Charles Lyell ou Thomas Henry Huxley. Je n'ai donc nulle intention de déboulonner la statue (virtuelle) du grand homme qui trône dans ma bibliothèque. Son oeuvre constitue un socle théorique solide, sur lequel nous travaillons encore aujourd'hui, plus de 150 ans après sa mort.

Le vrai malentendu concernant l'approche de Darwin sur "la survie du plus apte", vient de ce que d'autres, après lui, ont voulu étendre ce concept à d'autres domaines, à l'économie, au social ou à la culture, pour justifier des politiques de démantèlement des mécanismes de solidarité, ou relativiser la gravité de la disparition de certaines langues, certaines cultures ou certaines civilisations. "Pourquoi s'opposer à ce mécanisme naturel qu'est la sélection naturelle ?" Charles Darwin, de son vivant, s'est toujours opposé à ce qu'on applique ses travaux à d'autres domaines qu'à la biologie. Il est bon de le rappeler.

Dans l'histoire de l'évolution, l'aventure humaine et préhumaine constitue peut être un cas à part, en tout cas un de ceux qui nous fascinent le plus. La question des origines de l'homme reste à la mode, le succès des documentaires ou des livres qui y sont consacrés, et la vigueur de certaines controverses scientifiques en témoigne.

Pourquoi s'intéresser tant à cette vielle histoire, alors que nous devrions plutôt nous consacrer au présent, et plus encore à l'avenir ?

Peut être parce que, pour reprendre la formule du Prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer : "Un homme qui n'a pas de passé n'a pas d'avenir". 

Se poser avec humilité ces quelques questions ne peut pas faire de mal : "Qui sommes nous vraiment ?", "D'où venons nous ?", "Comment sommes nous devenus ce que nous sommes ?" Un peu de modestie, un regard sans concession sur notre vraie nature devrait nous éclairer sur notre place dans l'histoire du vivant et notre responsabilité en son sein.

Et si la clé de l'avenir se trouvait cachée dans le passé ?

Nous sommes la mémoire et la conscience du monde. La seule espèce vivante à se poser ce genre de questions et à pouvoir décrypter le grand livre du vivant enfoui dans les roches et les fossiles.

Ce genre de réflexion devrait aussi nous aider à "injecter" la dimension du "temps long" dans notre quotidien trépidant, ce dont nous avons grand besoin. C'est peut être même le principal défi que les démocraties doivent aujourd'hui relever : "Comment prendre en compte le long terme dans les décisions politiques, alors que seule la satisfaction des attentes immédiates de la population peut donner une chance aux gouvernants d'être réélus".

Pour revenir à l'évolution, et à ce que nous enseignent les fossiles, on peut se demander de quels avantages compétitifs ont bien pu bénéficier ces gringalets d'australopithèques ou les premiers représentants du genre homo. S'il y a eu un avantage compétitif (et il y a lieu de croire qu'il y en a eu un, sinon je ne serais pas en train de martyriser mon clavier pour écrire cette note), il n'est pas visible sur les fossiles. Il y a donc autre chose qu'une évolution biologique. A un moment donné, le facteur discriminant est devenu non plus biologique, mais culturel.

La pression environnementale, couplée sans doutes à d'autres mécanismes (émergence*, coopération, mutations spontanées), par son action de sélection, à façonné le vivant depuis des milliards d'années. Depuis quelques milliers d'années, une espèce, la notre, à retourné ce processus : L'homme ne s'adapte plus à son environnement, il le transforme pour satisfaire ses besoins (ou ses envies).

La vie sociale, la culture, la solidarité, la coopération, la compassion, et vraisemblablement l'amour, ont eu un rôle déterminant dans ce que nous sommes aujourd'hui.

Chaque médaille ayant son revers, notre intelligence formidable a fait de nous des êtres cupides, arrogants, suffisants, et souvent irresponsables.

Nous sommes capables du meilleur, comme du pire. Si nous voulons que la formidable aventure de l'évolution se poursuive avec nous (car si nous n'y prenons garde, elle se poursuivra sans nous, mais il n'y aura alors personne pour la raconter), nous devons encore franchir un "saut" évolutif, pour ne garder que le meilleur de ce que nous sommes, et apprendre à vivre durablement ensemble, en harmonie avec la biosphère.

Voilà ce que j'appelle l'après Darwin, ou "Evolution 2.0" : La poursuite de l'aventure humaine ne se fera que si nous sommes capables de passer d'une culture de la compétition et de la conquête à une culture de la coopération, de la création en commun (intelligence collective), du partage, de la responsabilité, et, encore une fois, de l'amour.

* Petite précision sur cette notion d'émergence : Il n'y a pas de "loi de complexité croissante" associée à l'évolution. L'évolution se fait dans tous les sens, sans direction privilégiée. Le "mode" (la forme la plus courante) du vivant est aujourd'hui encore la simplicité, et les bactéries représentent vraisemblablement à elles seules la majeure partie de la diversité du vivant. Mais s'il y a un "mur de la simplicité" sur lequel butte le vivant, il ne semble pas y en avoir du coté de la complexité. La métaphore utilisée par Stephen Jay Gould pour expliquer l'illusion d'une tendance à la complexité croissante du vivant est celle d'un ivrogne, marchant sur un trottoir bordé d'un coté par un mur. Du coté du mur, il butte à chaque fois qu'il s'en approche, alors que du coté de la chaussée, rien n'arrête sa progression. Voilà comment sa démarche chaotique le guidera régulièrement vers le milieu de la chaussée. Les archives fossiles tendent à démontrer que la complexité est l'exception, et concerne seulement quelques lignées dans "l'éventail du vivant", et la simplicité la règle. L'émergence est un phénomène réel, mais rare. Avons nous pour autant besoin de croire que nous sommes le fruit d'une évolution dirigée pour que notre existence prenne un sens, ou peut-il nous suffire de constater que nous sommes là, que ce soit le fait du hasard ne changeant rien sur le fond à la valeur que nous accordons à la vie humaine, et à la joie d'avoir accès à cette conscience partagée.

29 octobre 2005

Devinette

Qui a écrit :

" L'homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouïr de tout ce qui est à sa disposition, en un mot par son insousiance pour l'avenir et pour ses semblables, semble travailler à l'anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction même de sa propre espèce, en détruisant partout les grands végétaux qui protégeaient le sol pour des objets qui satisfont son avidité du moment. Il emmène rapidement à la stérilité ce sol qu'il habite, donne lieu au tarissement des sources, en écarte les animaux qui y trouvaient leur subsistance, et fait que de grandes parties du globe autrefois très fertiles et très peuplées à tous égards sont maintenant devenues stériles, inhabitables et désertes.
Négligeant toujours les conseils de l'expérience pour s'abandonner à ses passions, il est perpétuellement en guerre avec ses semblables et les détruits de toute part et sous tout prétexte. En sorte qu'on voit des populations autrefois considérables s'appauvrir de plus en plus. On dirait que l'homme est destiné à s'exterminer lui-même, après avoir rendu le globe inhabitable."

Nicolas Hulot ? Hubert Reeves ? Nelson Mandela ? Théodore Monod ? Jacques Testard ?

C'est ...

Jean-Baptiste Lamarck*, qui a écrit ce texte en 1820.
Bien vu !

Mais nous progressons depuis, n'est-ce pas ?
(Dites oui, s'il vous plaît)

* C'est une des pépites que vous trouverez dans le livre de Jean-Marie Pelt que j'évoquais hier.

La coopération crée, la compétition trie : L'après Darwin est il ouvert ?

Au grès des impulsions, des intuitions, ou des recommandations, j'ai toujours deux ou trois livres ouverts en même temps. (A ceux qui se demandent comment je fais, malgré une vie familiale et professionnelle trépidante, je répondrais que choisir le train libère du temps pour lire, et qu'on est pas obligé d'y lire les Metro, Marseille Plus ou 20 Minutes qu'on vous y imposerait presque).

Je viens donc de finir "Révérence à la Vie, livre d'entretiens avec Théodore Monod, qui fut tout à la fois un grand naturaliste, un chrétien non orthodoxe et un humaniste atypique, et le "Nouveau tour du monde d'un écologiste", de Jean-Marie Pelt, qui répond à sa manière à la même définition.

Jean-Marie Pelt est un conteur hors pair. C'est un écologiste, au sens scientifique de ce mot, et un observateur attentif des interactions, harmonieuses ou désastreuses, selon les cas, entre l'homme et son environnement.

Ce tour du monde nous aide à explorer et à comprendre des écosystèmes pratiquement abrités de toute influence humaine, à en visiter d'autres, ou l'incurie et la cupidité ont conduits à des désastres majeurs (les cas de Haïti, du Nauru ou de la mer d'Aral sont à ce titre édifiants), et enfin d'autres, rares, ou le développement du bien être humain a pu se faire de façon harmonieuse avec l'écosystème.

Si le livre tout entier permet de passer un bon moment en apprenant beaucoup au passage, (Jean-Marie Pelt est le prof qu'on voudrait tous avoir eu), la grande leçon du livre tient pratiquement dans son dernier paragraphe :

" Viendra un jour où le darwinisme (la lutte pour la vie) n'apparaîtra plus comme l'explication unique et ultime de l'évolution, la prise en compte de l'importance décisive des phénomènes de coopération, restés jusqu'ici dans l'ombre, finissant pas s'imposer. Comme il y a eu un avant Darwin, il y aura un jour un après Darwin. On comprendra alors toute la puissance des forces créatives fondées, comme on voudra, sur la coopération, ou la symbiose, ou la solidarité, et, pour tout dire, au niveau conscient, sur l'amour. "

Voilà qui me fait une transition merveilleuse avec mes deux notes précédentes.

PS 1 : Cette conclusion de Jean-Marie Pelt cadre à merveille avec des signaux faibles (bon, d’accord, parfois vraiment faibles) que je crois capter, sur l'émergence d'un nouvel état d'esprit de coopération des humains entre eux et avec la nature. L'émergence est un processus évolutif naturel permettant de passer à un niveau de complexité et d'organisation supérieur, la vie apparaissant à partir de processus de chimie pré biotique, conduisant ensuite à la vie multicellulaire, puis à l'organisation sociale des organismes vivants, etc. Cette fameuse "intelligence collective", que j'appelle de mes voeux, est-elle en train d'apparaître ? Combien de temps prendra ce processus ? Sera-t-il assez rapide pour nous permettre de répondre aux défis qui nous attendent ?

J’espère ne pas prendre mes désirs pour des réalités, mais il me semble qu’une évolution, qu’on doit sans doute à l’école républicaine, pourtant tant critiquée, se déroule en ce moment. Nos parents et nos grands parents étaient des bâtisseurs, des ingénieurs, des techniciens. Ils furent capables de façonner leur pays, de construire des villes, des infrastructures, de faire fonctionner les rouages complexes de l’administration ou des entreprises.

Il me semble qu’aujourd’hui, au delà de la seule compétence technicienne, c’est toute une couche de la population (sans distinction d’age ou de classe sociale) qui se sent libre de critiquer les modèles du passé et veut désormais proposer, agir, inventer son avenir. Qui n’attend plus d’une autorité supérieure un programme tout fait.

Ce fameux « désenchantement du monde », cette perte de confiance dans les idéologies du passé, cette crise de confiance actuelle est elle aussi la crise qui prépare un état nouveau ?

PS 2 : Je suis aussi en train de lire "Le tour du Monde en 80 hommes", de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux. Voilà qui m'a donc permi de faire le tour du Monde, dans ma tête, en compagnie de 3 écologistes ! Cet autre livre est une grande source d'inspiration pour tous ceux qui cherchent à aller au delà de la prise de conscience, pour passer à l'action.
J'y reviendrai !

28 octobre 2005

Laïcité, j'écris ton nom ...

Comme une suite à la note précédente, pour prolonger la réflexion, j'ai reçu ce message et ce document (voir plus bas) de Thérèse Basse, de l'association Zingha :

« Pour parvenir à penser la Culture de la paix, il est nécessaire d'éduquer les jeunes générations (aux savoirs réels) pour qu'un jour (Oh douce utopie) l'homme atteigne l'âge adulte. En attendant, continuons à diffuser sans relâche les messages qui rappellent à l'Homme qu'il est avant tout être de pensée et non simple outil de production.

Je vous propose à mon tour quelques citations et en attaché le texte que j'ai écrit sur la laïcité :

« Un enfant qui ne va pas à l'école, c'est tout un peuple qui ne grandit pas » Cheik Anta Diop.

« Lorsque le droit à l'éducation est reconnu, il est plus facile d'obtenir le respect des autres droits. Le savoir ouvre l'esprit sur le monde, sur les autres cultures, sur les autres langues et modes de pensée. Il est pour l'individu source d'autonomie, il lui donne une voix et révèle son plein potentiel ». UNESCO, l'Unesco et l'éducation

« Eduquer ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer un feu. » William Butler Yeats

Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 :

Article 26

2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

RAPPORT A L'UNESCO DE LA COMMISSION INTERNATIONALE SUR L'EDUCATION POUR LE VINGT ET UNIEME SIECLE

L'éducation : un trésor est caché dedans, éditions UNESCO / éditions Odile JACOB, 1996

« L'éducation est sans doute le moyen le plus puissant pour prévenir, voire résoudre, les conflits. »

« L'éducation a pour mission d'enseigner simultanément la diversité de l'espèce humaine et la conscience des similitudes et de l'interdépendance entre tous les êtres humains. Dès la petite enfance, l'école doit donc saisir toutes les occasions de ce double enseignement. Certaines disciplines s'y prêtent particulièrement, la géographie humaine dès l'éducation de base, les langues et les littératures étrangères plus tard. »

Voyez-vous c'est pour cela tel Rousseau, je me bats pour un véritable projet d'éducabilité qui replace l'humain au centre du projet éducatif, afin d'éviter que tous les porteurs de haine dévoient le véritable projet de transmission. »

Thérèse Basse

Pour alimenter votre réflexion : laicite_en_question.doc

Et pour les Marseillais, et tous ceux qui auront l'occasion de passer par là, Zingha organise à Marseille le premier Festival des Arts Noirs et des Cultures Autochtones : FANCA.

Venez nombreux !

27 octobre 2005

Haine ou Paix; le choix est entre nos mains

En réponse aux propos ahurissant de bêtise et d’outrance, et qu’on espérerait d’un autre age, tenus par le président iranien Mahmoud Ahmadin, (qui a déclaré hier qu’Israël devait « être rayé de la carte »), je voudrais vous proposer cette citation du mystique soufi andalou (donc musulman) Ibn Arabi (1165 – 1240) :

« Mon cœur est devenu capable de toutes les formes. Une prairie pour les gazelles, un couvent pour les moines, un temple pour les idoles, une Ka’ba pour le pèlerin, les tables de la Torah, le livre de l’Amour, et quelque direction que prenne sa monture, l’Amour est ma religion et ma Foi. »

Si vous avez la Foi, gardez là.

Conservez là précieusement comme un joyau au fond de votre cœur, comme un trésor caché qui aide à vivre. Offrez lui comme compagnon indispensable le doute, la vertu des justes, qui l’aidera à s’épanouir dans la grâce et l’harmonie.

Acceptez les tensions, les contradictions, l’insondable complexité de la vie et du monde « moderne ». Soyez ouvert au dialogue, et même recherchez le. Mais gardez vous de tout prosélytisme, de toute tentative de convertir l’autre à votre Foi. La sienne vaut bien la votre. « Tout ce qui monte converge », disait aussi Teilhard de Chardin.

Si vous n’avez pas la Foi, vous vivrez très bien sans.

Il vous suffira d’avoir l’Amour, le sens du partage, et de rechercher le bien de l’autre. N’en attendez pas de contrepartie. Elle viendra. Nul besoin qu’une autorité quelconque vous dicte votre conduite. Ce que vous faites pour le bien, vous le faites aussi pour vous, et vous savez comment le faire.

Un humanisme éclairé, auquel les religions doivent s’associer pour devenir porteuses de paix, et non de haine, peut seul nous garder de l’irréparable, de la destruction mutuelle.

La somme de nos actions individuelles décidera si l’humanité, prise dans son ensemble, vit aujourd’hui sa crise d’adolescence, dans l’attente d’un age adulte ou elle pourra enfin s’épanouir en harmonie, ou si elle vit l’une de ses ultimes crises de démence sénile.

Une trouvaille d'Isabelle

La politique environnementale du "candidat" Nicolas Sarkozy : C'est là !

Je vous laisse lire, et réagir.

25 octobre 2005

REACH - Faut-il avoir peur de la chimie ?

J'espère que Bernadette Bensaude-Vincent ne m'en voudra pas d'avoir détourné le titre de son excellent livre, que je vous invite au passage à lire (Faut-il avoir peur de la chimie ? - Ed. Les empêcheurs de penser en rond).

Au vol, je vous cite un bref extrait d'un entretien avec l'auteur, publié il y a quelques mois dans La Recherche (et que j'ai déjà cité il y a quelques mois) :

"Les chimistes abordent trop souvent le problème d’un point de vue de l’image. Or, ce n’est pas avec des opérations marketing que l’on résoudra la crise. Je pense que les chimistes devraient avoir plus d’égards pour la nature comme pour la culture. Etre, d’une part, plus soucieux de l’environnement, en mettant leur créativité au service de l’écologie plutôt qu’à la seule recherche des profits et, d’autre part, plus attentifs aux aspects culturels de leurs pratiques. Les craintes du public sont à prendre au sérieux. Le public n’est pas une masse malléable à laquelle on pourrait faire croire et raconter n’importe quoi. Il faut l’associer au lancement et à la recherche des innovations, afin de développer une chimie répondant aux attentes des consommateurs."

Avec REACH (Registration Evaluation Authorisation of CHemicals), nous sommes en plein dans le sujet. Le projet de directive européenne est entre les mains du parlement européen et de la commission, et devrait déboucher sur un texte final courant 2006. Mais déjà, il n'est plus que l'ombre de ce qu'il était dans le livre blanc publié par la commission en 2001.

A vous de réagir, et d'abord de vous informer sur le texte actuel et les améliorations que vous pouvez y apporter. Je vous propose pour cela une bonne source d'information, sur le site de l'International Chemical Secretariat (Chemsec).

Le site est multilingue, bien que la VO soit bien plus riche. Mais allez déjà jeter un coup d'oeil sur la VF : Vous en apprendrez beaucoup en quelques minutes.

La négociation de REACH ne doit pas être l'occasion de lancer une guerre contre l'industrie, mais de l'inviter à exercer sa responsabilité sociétale, et à contribuer activement à aller vers plus de transparence et plus de protection du citoyen et de son cadre de vie.

Autre source : Mon ami Olivier, de "Quotidien Durable", à récemment proposé une note sur le sujet. Jetez-y un oeil !

24 octobre 2005

Avons-nous vraiment envie que nos produits de supermarché tuent l’orang-outan ?

La demande agro-alimentaire et cosmétique pour l’huile de palme va tuer tous les orang-outans d’ici 12 ans. En effet, l’huile de palme est utilisée dans de nombreux produits, depuis les céréales jusqu’aux savons et cosmétiques. Hors, la plantation de palmiers à huile est effectuée en détruisant la forêt tropicale. D’ores et déjà, près de 90% de l’habitat des orangs-outans en Indonésie et en Malaisie a été détruit. La grande majorité des sociétés utilisant de l’huile de palme déclarent d’une part ne pas savoir d’où provient leur huile de palme, d’autre part ne pas suivre ni la provenance ni le respect de critères de développement durable sur ces matière.

C’ est pourquoi Les Amis de la Terre et un grand nombre d’ONG internationales s’allient pour informer les consommateurs européens des dangers que leur consommation fait peser sur l’orang-outan.

Pour en savoir plus :
    * Le rapport « The Oil for Ape Scandal », rédigé par Friends Of the Earth (FOE), en anglais;
    * Le communiqué de presse des Amis de la Terre

Source : http://www.technoscopie.info

21 octobre 2005

Ces morts ci, et pas ceux là ?

Le Tsunami de décembre 2004 en Asie du sud est avait déclenché une vague d'émotion populaire quasiment sans précédent. Le sentiment d’urgence avait suscité une réaction rapide et coordonnée de l’aide internationale, qu’il s’agisse des institutions supranationales ou des Etats. Une aide importante, logistique, matérielle, financière était parvenue de tous les points du globe. Certes, l’hyper médiatisation de cette réaction, l’autosatisfaction affichée par les états, les télévisions avait quelque chose d’écoeurant et d’indécent. Mais seul le résultat compte, et après la nécessaire réaction d’urgence, la reconstruction a pu commencer.

Le séisme de la semaine dernière au Pakistan est déjà presque passé sous silence. Aucune réaction de la part des états, de l’union européenne, de l’OTAN, etc. Les moyens logistiques pour acheminer l’aide manquent dramatiquement. Les hélicos militaires, qui pour une fois seraient bien employés, ne sont pas là. Les secours n’ont pas encore, à ce jour, pu se rendre dans certaines zones touchées.

Que se passe t’il ?

  • Est-ce que nous sommes à ce point insensibilisé au mal que nous ne réagissons plus si les morts ne se comptent pas en centaines de milliers mais « seulement » en dizaines de milliers ?
  • Est-ce qu’il nous faut des images, filmés par des touristes sur leur caméscopes et leurs appareils photos numériques ?
  • Est-ce qu’il nous faut des victimes blanches, occidentales pour réagir ?
  • Est-ce que ces morts là sont trop barbus, leurs femmes trop voilées ?
  • Sommes nous à ce point omnubilés par la "menace fantôme" de la grippe aviaire ?

Tout se passe comme ci « ces morts ci » ne valaient pas « ces morts là ».

Au passage, c’est plutôt la situation des survivants, dramatique, qui devrait nous émouvoir, que le nombre de morts. Jauger de la gravité d’une catastrophe uniquement en termes arithmétiques, c’est vraiment le degré zéro de la pensée.

Ce séisme est arrivé au plus mauvais moment pour les survivants. Sans abris, dans des zones difficiles d’accès même en temps normal, à l’arrivée de l’hiver, c’est de froid et de faim qu’ils vont mourir. Et les abris de fortunes, tentes, cabanes de tôles, etc., ne suffirons pas à affronter les rigueurs de l’hiver dans cette région.

Même si les médias sont silencieux, ou presque, vous pouvez vous réagir.

Deux pistes, sans parti pris (il y en d’autres possibles, je vous laisse creuser la question) :

  • Celui de l’Unicef, dont l’action est plus particulièrement centrée sur la situation des enfants.

Je compte sur vous. Et faites passer le message, pour eux.

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